Dans les coulisses d’une bibliothèque, 1e partie

17 juin 2010

Ces deux dernières semaines, j’ai pu réaliser un souhait qui datait de ma première année de maîtrise où on nous balançait moult théorie sur le monde des bibliothèques… c’est à dire de voir comment fonctionne au quotidien une d’entre elles.

Les opérations d’une bibliothèque peuvent se résumer à deux grands volets : la référence et les services techniques.

Le premier est ce qui vient à l’esprit quand on visualise une personne qui travaille en ces lieux. Quand un usager(*) se présente à une bibliothèque, c’est en général parce qu’il cherche réponse à des questions  (il y a des exceptions, comme demander où sont les toilettes mais ça c’est une autre histoire). Bien que la Toile avec ses moteurs de recherches (dont certains sont devenus en peu de temps des mégacorporations) puisse donner accès à un nombre infini d’informations, on ne trouve pas nécessairement ce qu’on veut. Donc, quand un usager se présente à la bibliothèque, c’est que le temps passé sur les “moteurs mégacorporatifs” a été infructueux et qu’il s’attend que la personne de l’autre côté du comptoir ait une touche magique qui déverrouille les portes où sont les réponses cachées.

Également, l’actualité et les sujets de conversation “à la mode” ont une influence considérable sur le désir de l’usager à se renseigner là-dessus. À titre d’exemple, le roman original de Dracula de l’auteur Bram Stoker (écrit en 1897) a longtemps “dormi” sur les étagères, jusqu’en 1992 où on film est sorti, puis, pouf!, la liste de réservation pour l’emprunter à la bibliothèque de quartier s’étendait à 6 mois.

Le second volet, l’usager ne le voit pas mais y a recours régulièrement quand il consulte le catalogue (la base de données qui renseigne sur ce que la bibliothèque possède comme documents), ce sont les services techniques.

L’information, peu importe sa forme et sa nature, on doit la “nommer” et la décrire, afin de pouvoir la retrouver. Chaque document qui entre à la bibliothèque est assigné un ou plusieurs sujets, ainsi qu’un code qui le placera physiquement sur les étagères en compagnie de documents ayant des sujets similaires. Ça semble évident à dire comme ça, mais cette manière de classer les document permet non seulement à un usager d’emprunter un autre volume que celui recherché si un autre traite des mêmes sujets, mais aussi permet d’explorer en trouvant du même coup des sujets rapprochés.

Les deux services sont interdépendants l’un de l’autre. Pour citer une des techniciennes qui m’a expliqué la relation entre eux : les documents sont faits pour être utilisés, la référence doit être en mesure d’assurer leur visibilité, et pour qu’ils soient visibles, il faut que les services techniques aient été en mesure d’avoir bien ”compris” ce que veulent “dire” les documents. Inversement, le travail de description d’un document sera vain s’il n’est pas utilisé par les usagers.

Dans les deux prochains billets, j’explorerai un peu plus en profondeur les deux volets.


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